Le droit d’être libre

Nouvelle écrite par Anaé JEANTET (6e) et Sirius LECOMTE BRIDEY (6e) et Tessa FORESTIER (CM2)

 

Je m’appelle Moussa, je suis en France depuis deux mois seulement et c’est vraiment dur pour moi à l’école. Il y a trois garçons qui m’empêchent de jouer avec les autres et même de parler en classe, ils me bousculent chaque fois que je lève la main. Le pire c’est Louis…

… il ne comprend pas que chaque être vivant est unique. La différence n’est pas un défaut. Chaque être vivant a une histoire. La mienne est horrible. Un matin, je regardais à la fenêtre et la ville avait été bombardée. J’allai voir mes parents mais ma mère était seule, pleurant, car mon père était parti à la guerre. J’étais triste, horrifié même, mon cœur était lourd comme une brique. Mais j’ai été fort jusqu’au bout. Le soir, nous sommes partis en France. J’ai pensé que je pourrais ne plus avoir peur. J’espérais que l’école serait cool.

 

À l’école, tout le monde se moquait de ma jambe perdue dans la nuit sombre de la guerre. Louis et ses copains sont venus vers moi et ont dit : « Ici c’est une école pour les gens normaux et tu n’as pas le droit d’y venir ». Puis, ils sont partis. En rentrant, je vis trois garçons que je connaissais, dans la rue. De la joie et de la tristesse me vinrent au cœur. Je me dis que chaque être a des besoins et des devoirs. Le monde est un gâteau, il a besoin de tous les ingrédients pour être bon. Arrivé chez moi, je dis à ma mère : « Maman, le monde est injuste. Tout le monde se moque de moi, je suis faible comparé à eux. J’en ai marre. » Encore un mauvais jour pour moi.

 

Le lendemain, à l’école, je suis prêt à m’asseoir, quand quelque chose d’inattendu arrive dans la classe. Ma mère !!!?? Ici, là, aujourd’hui, à l’école !? Impossible !!? Ma mère dit : « Asseyez-vous, d’abord, je me présente, je suis Livia, la mère de Moussa. Si je suis ici c’est pour vous raconter ce qu’il se passe en Ukraine, notre pays d’origine. Une nuit et tout peut basculer, 200 villages bombardés, nous avons dû partir un soir. Moussa a voulu monter dans la voiture, mais on lui a tiré sur la jambe. Mon mari est mort là-bas. Et aujourd’hui, mon fils est ici et il se fait harceler. Moussa est fort mais vous ne le voyez pas. Sa force est à l’intérieur. Tout le monde est fort, différent, unique, même les handicapés, les hommes de couleur, les femmes… Rien ne sert de se moquer des gens. »

 

Pendant la récré, je suis allé m’asseoir sur un banc et Louis et ses copains ont accouru vers moi et m’ont dit : « Nous sommes désolés, nous ne le savions pas. 

– Ce n’est pas grave, tout le monde a le droit de faire des erreurs. » Et je suis parti.